zemmour/patrick pelloux
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Les minima sociaux sont indispensables pour rendre compte de la pauvreté en France. On tient généralement exclusivement compte des ayant droits au Revenu Minimum d’Insertion, or il y a en France
9 minima sociaux répartis sur les 4 branches de la protection sociale :
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Minimum social |
Ayant-droits (2004) |
Conditions d’obtention |
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Allocation Supplémentaire Vieillesse |
547 517 |
avoir plus de 65 ans disposer de droits d’assurance maladie faibles |
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Allocation Supplémentaire Invalidité |
111 500 |
avoir moins de 60 ans disposer d’une pension d’invalidité faible |
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Allocation Adulte Handicapé |
760 100 |
personne handicapé ne pouvant prétendre ni à un avantage invalidité ni à une rente d’accident du travail |
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Allocation Parent Isolé |
175 648 |
personne seule assumant la charge d’un ou plusieurs enfants |
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Allocation Veuvage |
11 300 |
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Allocation de Solidarité Spécifique |
344 100 |
chômeurs ayant épuisés leurs droits à l’assurance chômage et justifiant au moins 5 années d’activité salariée au cours des 10 dernières années précédant la rupture du contrat de travail |
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Allocation d’insertion |
47 200 |
détenus libérés, rapatriés, réfugiés, demandeurs d’asile |
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Revenu Minimum d’Insertion |
1 083 880 |
avoir plus de 25 ans avoir moins de 25 ans avec un enfant à charge sans API |
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Allocation d’Equivalent Retraite |
32 700 |
chômeur de moins de 60 ans totalisant 160 trimestres de cotisation à l’assurance vieillesse |
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TOTAL |
3 435 607 |
soit + 3,4% en 1 an, soit 6% de la population (enfants compris) |
Sources : données CNAF, MSA, UNEDIC, CNAMTS, CNAV
+ Nouvelle gouvernance : (appuyée par le MEDEF)
+ Nouvelle organisation :
- parcours de soins coordonnés : le médecin généraliste devient médecin traitant « gate-keeper » ce qui favoriserait une meilleure organisation du système mais risque de multiplier
les consultations généralistes et donc de créer une médecine à 2 vitesses en fonction des délais d’attente pour obtenir une consultation. En effet, nombreuses régions françaises étant en pénurie
de médecins généralistes, le délai d’attente peut être long et donc les usagers financièrement favorisés pourraient se permettre de défier le système en consultant directement leurs spécialistes
sans être inquiété du non remboursement total de sa consultation.
- Dossier Médical Personnalisé : meilleure organisation mais risque d’atteinte au secret médical notamment par les assurances privées
- chasse aux arrêts maladies et accidents de travail non justifiés : c’est un bon principe, mais agir sur leur prévention serait plus efficace
- modification de la carte vitale : 10 millions de fausses cartes selon le ministère / 400 selon la CNAM…
- remise en cause des Affections Longues Durées jusque là remboursées à 100%
(pour accéder à la liste des ALD 30 cliquez ici)
+ Financement :
- ticket modérateur d’1€ à chaque consultation : pénalise ceux qui sont le plus souvent malades, et donc, un des facteurs de risque de maladie étant d’appartenir à une classe
socio-économique défavorisée, le plus souvent les plus modestes
- projet de 40€ de franchise annuelle
- multiplication par 6 du forfait hospitalier non remboursé (3€ en 1983 / 17€ en 2007)
- franchise de 18€ sur chaque acte hospitalier dépassant 91€
- hausse de la CSG, notamment à hauteur de 0,4 points sur les retraites et les indemnités chômage imposables
- hausse de la CRDS de 30%
Quel est l’objectif à terme du gouvernement en matière de santé ?
Le rapport Chadelat 2003 préconise un système à 3 étages :
- une Assurance Maladie Obligatoire constituant un « périmètre de soins et de biens médicaux » remboursables à 100%
- un co-financement AMO / Assurance Maladie de Base facultative pour un « PSBM » de 2nd degré avec incitation fiscale pour la souscription à l’AMBF
- une assurance privée surcomplémentaire sans aide fiscale pour le reste des soins
Nous notons d’une part une diminution des dépenses publiques et d’autre part l’augmentation du financement privé, c'est-à-dire une privatisation du
système de soin français. Il est facile à comprendre que nous nous engageons vers une médecine inégalitaire dite à 2 vitesses pour au moins 3 raisons : seuls les plus aisés pourraient
bénéficier de l’assurance surcomplémentaire ; l’incitation fiscale pour la souscription à l’AMBF aurait plus d’impact sur les foyers aisés ayant un taux d’imposition plus conséquent ;
et enfin, les conditions socio-économique défavorables étant un facteur de risque majeur de maladies, les assurances privées n’accepteront pas de les prendre en charge. En effet, nous le voyons
aujourd’hui, les accidents de voiture étant plus fréquents chez les jeunes, les assurances automobiles refusent d’assurer les jeunes conducteurs ; les décès étant privilégiés chez les
personnes âgées ou malades, les banques leur accordent plus difficilement des prêts. Il est à noter que les pays s’étant doté de couvertures maladies privatisées (Etats-Unis, Pays-Bas) sont les
pays de l’OCDE dont les déterminants de santé, c'est-à-dire l’espérance de vie ou la mortalité infantile etc, sont les plus bas.
Quelles propositions alternatives ?
+ Réorganisation du système de soins :
- agir sur la santé en amont du système de soins :
1. centrer le système sur la prévention, par exemple des accidents du travail, maladies cardio-vasculaires, risques de chutes et accidents de la route qui
chaque année représentent des dépenses considérables évitables
2. agir sur l’environnement, les conditions socio-économiques et les modes de vie sans entraver les libertés
individuelles
- responsabiliser l’usager dès son plus jeune âge en intégrant l’apprentissage du fonctionnement de système de soins et de la protection sociale en général dans le programme d’enseignement
secondaire
- Formation Médicale Continue obligatoire indépendante des laboratoires pharmaceutiques comprenant les Bonnes Pratiques Cliniques de la Haute Autorité de Santé
- emploi / formation de 40 000 infirmières et 9000 médecins par an pour pallier aux aberrations démographiques, avec un tronc commun de 1ère année développant la communication et
les sciences humaines, sociales et économiques
+ Limiter la CSBM : (2402 € / habitant / an en 2005)
- instaurer une politique du médicament :
1. contrôle public et social sur les industries
pharmaceutiques
2. promotion des génériques
- rétribution des médecins généralistes et spécialistes libéraux au forfait par pathologie et non à l’acte
- revalorisation des honoraires des spécialités mal payées (pédiatrie) et dévaluation des spécialités favorisées (radiologie) dont l’écart de rémunération est injustifiée, avec une enveloppe
globale moindre
- substituer le médecin par un technicien supérieur de santé quand c’est possible
- traquer et éviter la récidive des abus des assurés
+ Remettre en place une démocratie sanitaire et sociale :
- lutter contre la privatisation et les inégalités sociales pour un accès démocratique aux soins
- réhabilitation des élections des administrateurs des caisses d’assurance maladie
- droits nouveaux pour les salariés et les malades au niveau de la gouvernance des caisses
Avec quel financement ?
- revalorisation progressive des salaires à commencer par les plus modestes qui aura pour effet direct d’augmenter les recettes par cotisation et comme effet indirect d’augmenter les
recettes par les taxes en favorisant le pouvoir d’achat
- mettre en place des cotisations sur les 80 milliards d’€ de profits des entreprises françaises qui échappent chaque année aux cotisations sociales de solidarité nationale
- suppression progressive des exonérations patronales réalisant un manque à gagner pour la sécurité sociale de 23 milliards d’€ par an, soit plus de 2 fois le déficit, initialement
instaurées pour favoriser la création d’emploi et qui n’a empiriquement jamais montré son efficacité depuis 1983
- réaffectation des taxes sur le tabac et les alcools (15 milliards d’€) au budget de santé national
Cette liste est établie après avis du HCMSS.
En regard de cette liste, le HCMSS élabore des Recommandations à l’intention des médecins traitants et des médecins conseils des services de l’assurance maladie dans le but de donner des indications précises sur les conditions d’exonération.
La PS est un mécanisme de prévoyance collective permettant de prévoir la couverture de charges pesant sur l’individu lorsqu’il est atteint par des situations qui augmentent les besoins ou
diminuent les ressources. Elle représente 10% du Produit Intérieur Brut, soit le triple du Produit National Brut. La santé à elle seule est responsable de 10% des emplois de la population
active, dont 1,2 millions dans le secteur hospitalier public.
Elle est divisée en 4 branches :
- le risque vieillesse et survie : assure le remplacement des travailleurs âgés et organise leur retrait de l’activité professionnelle
pour laisser la place aux jeunes actifs tout en leur permettant un niveau de vie suffisant
- le risque santé : garantie l’accès aux soins, une couverture des dépenses de soins face à la maladie ou l’accident et un revenu de remplacement lors de l’interruption temporaire de travail
- le risque famille et logement : il comporte 3 objectifs :
1. démographique : atteindre un taux de fécondité > 2,1 enfants par femme afin d’assurer le renouvellement de la population active
2. économique : augmenter le pool de main d’œuvre disponible
3. maintien de la cohésion sociale : redistribution vers les familles les plus modestes
- le risque chômage et la lutte contre l’exclusion sociale
La répartition des dépenses entre les 4 branches est la suivante :
La répartition des dépenses au sein de chaque branche est la suivante :
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Risque vieillesse et survie : |
% de la dépense de la branche |
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Risque vieillesse : |
84% |
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retraite de base |
58% |
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retraite complémentaire |
21% |
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minimum vieillesse |
1% |
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Allocation Personnalisée d’Autonomie |
4% |
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Survie : pension de réversion |
15% |
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Risque santé : |
% de la dépense de la branche |
|
maladie |
84% |
|
invalidité |
11% |
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AT / MP |
5% |
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Risque famille : |
% de la dépense de la branche |
|
maternité |
10% |
|
famille (CAF) |
67% |
|
logement (APL, ALS) |
23% |
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Risque chômage et exclusion sociale : |
% de la dépense de la branche |
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indemnisation chômage |
78% |
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formation continue, aide à l’insertion et la ré-insertion |
6% |
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Revenu Minimum d’Insertion |
16% |
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Financement de la protection sociale : 500, 593 milliards d’euro
- cotisations des employeurs et des salariés : 67%
- impôts et taxes : 17%
1. Contribution Sociale Généralisée
2. Contribution au Remboursement de la Dette Sociale
- contributions publiques : 12,6% (subventions venant de l’état et des collectivités territoriales)
- produits financiers : 4%
- autres…