Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 01:06

zemmour/patrick pelloux
Vidéo envoyée par popow128
Par Olivier GUILLARD
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Mercredi 4 juillet 2007 3 04 /07 /Juil /2007 13:03



Les minima sociaux sont indispensables pour rendre compte de la pauvreté en France. On tient généralement exclusivement compte des ayant droits au Revenu Minimum d’Insertion, or il y a en France 9 minima sociaux répartis sur les 4 branches de la protection sociale :

 

Minimum social

Ayant-droits

(2004)

Conditions d’obtention

Allocation Supplémentaire Vieillesse

547 517

avoir plus de 65 ans

disposer de droits d’assurance maladie faibles

Allocation Supplémentaire Invalidité

111 500

avoir moins de 60 ans

disposer d’une pension d’invalidité faible

Allocation Adulte Handicapé

760 100

personne handicapé ne pouvant prétendre ni à un avantage invalidité ni à une rente d’accident du travail

Allocation Parent Isolé

175 648

personne seule assumant la charge d’un ou plusieurs enfants

Allocation Veuvage

11 300

 

Allocation de Solidarité Spécifique

344 100

chômeurs ayant épuisés leurs droits à l’assurance chômage et justifiant au moins 5 années d’activité salariée au cours des 10 dernières années précédant la rupture du contrat de travail

Allocation d’insertion

47 200

détenus libérés, rapatriés, réfugiés, demandeurs d’asile

Revenu Minimum d’Insertion

1 083 880

avoir plus de 25 ans

avoir moins de 25 ans avec un enfant à charge sans API

Allocation d’Equivalent Retraite

32 700

chômeur de moins de 60 ans totalisant 160 trimestres de cotisation à l’assurance vieillesse

TOTAL

3 435 607

soit + 3,4% en 1 an,   soit 6% de la population (enfants compris)

  Sources : données CNAF, MSA, UNEDIC, CNAMTS, CNAV

Par Olivier GUILLARD
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Mercredi 4 juillet 2007 3 04 /07 /Juil /2007 11:33




Réforme Douste Blazy 2004 et critiques :


+ Nouvelle gouvernance : (appuyée par le MEDEF)


La couverture nationale est désormais gérée par 2 institutions principales : l’UNCAM dont le directeur est directement nommé par l’état et composée de représentants des différentes caisses d’assurance maladie (CNAM, MSA et CANAM) majoritairement issus des syndicats d’employeurs ; et l’UNOCAM composée de représentants des assurances privées. Le comité d’alerte sur les dépenses est chargé d’abaisser le taux de remboursement de manière non définie lorsque les prévisions laissent envisager un dépassement de 0,75% du taux directeur de l’ONDAM (Objectif national des dépenses d’assurance maladie voté chaque année par le parlement).

 

 
Nous notons ici l’irruption forte de l’état et des assurances privées à la gouvernance nationale au détriment des salariés et tout simplement des usagers. L’état peut ainsi mieux favoriser la libéralisation du système.

 

 
+ Nouvelle organisation :

- parcours de soins coordonnés : le médecin généraliste devient médecin traitant « gate-keeper » ce qui favoriserait une meilleure organisation du système mais risque de multiplier les consultations généralistes et donc de créer une médecine à 2 vitesses en fonction des délais d’attente pour obtenir une consultation. En effet, nombreuses régions françaises étant en pénurie de médecins généralistes, le délai d’attente peut être long et donc les usagers financièrement favorisés pourraient se permettre de défier le système en consultant directement leurs spécialistes sans être inquiété du non remboursement total de sa consultation.
- Dossier Médical Personnalisé : meilleure organisation mais risque d’atteinte au secret médical notamment par les assurances privées
- chasse aux arrêts maladies et accidents de travail non justifiés : c’est un bon principe, mais agir sur leur prévention serait plus efficace
- modification de la carte vitale : 10 millions de fausses cartes selon le ministère / 400 selon la CNAM…
- remise en cause des Affections Longues Durées jusque là remboursées à 100%
     (pour accéder à la liste des ALD 30 cliquez ici)

 
+ Financement :

- ticket modérateur d’1€ à chaque consultation : pénalise ceux qui sont le plus souvent malades, et donc, un des facteurs de risque de maladie étant d’appartenir à une classe socio-économique défavorisée, le plus souvent les plus modestes
- projet de 40€ de franchise annuelle
- multiplication par 6 du forfait hospitalier non remboursé (3€ en 1983 / 17€ en 2007)
- franchise de 18€ sur chaque acte hospitalier dépassant 91€
- hausse de la CSG, notamment à hauteur de 0,4 points sur les retraites et les indemnités chômage imposables
- hausse de la CRDS de 30%

Nous observons donc un transfert majeur des dépenses vers les ménages avec le développement d’un système de franchise défavorisant encore une fois les classes les plus modestes ne bénéficiant pas des rares aides (seuls les exclus sociaux ont une exonération des franchises). Il est à noter que la cour des comptes a officiellement désavoué ce plan de redressement en 2006.

 

 

Quel est l’objectif à terme du gouvernement en matière de santé ?

 

JF Mattei, ministre de la santé du gouvernement Raffarin, avait confié à M. Chadelat (ancien dirigeant d’une chaîne d’assurance privée) la mission de réaliser un croquis de l’avenir de la sécurité sociale en France. Les différentes réformes apportées depuis par les gouvernements successifs, dont la réforme Douste-Blazy de 2004, allant dans son sens on peut estimer qu’il est l’objectif actuel.

 

Le rapport Chadelat 2003 préconise un système à 3 étages :
- une Assurance Maladie Obligatoire constituant un « périmètre de soins et de biens médicaux » remboursables à 100%
- un co-financement AMO / Assurance Maladie de Base facultative pour un « PSBM » de 2nd degré avec incitation fiscale pour la souscription à l’AMBF
- une assurance privée surcomplémentaire sans aide fiscale pour le reste des soins
 

Nous notons d’une part une diminution des dépenses publiques et d’autre part l’augmentation du financement privé, c'est-à-dire une privatisation du système de soin français. Il est facile à comprendre que nous nous engageons vers une médecine inégalitaire dite à 2 vitesses pour au moins 3 raisons : seuls les plus aisés pourraient bénéficier de l’assurance surcomplémentaire ; l’incitation fiscale pour la souscription à l’AMBF aurait plus d’impact sur les foyers aisés ayant un taux d’imposition plus conséquent ; et enfin, les conditions socio-économique défavorables étant un facteur de risque majeur de maladies, les assurances privées n’accepteront pas de les prendre en charge. En effet, nous le voyons aujourd’hui, les accidents de voiture étant plus fréquents chez les jeunes, les assurances automobiles refusent d’assurer les jeunes conducteurs ; les décès étant privilégiés chez les personnes âgées ou malades, les banques leur accordent plus difficilement des prêts. Il est à noter que les pays s’étant doté de couvertures maladies privatisées (Etats-Unis, Pays-Bas) sont les pays de l’OCDE dont les déterminants de santé, c'est-à-dire l’espérance de vie ou la mortalité infantile etc, sont les plus bas.

De plus, l’augmentation du coût pénaliserait un accès précoce aux soins ce qui a pour conséquence une seconde augmentation du coût de santé en plus d’une dégradation de l’état de santé des citoyens et donc accessoirement de leur productivité. En effet, nous comprenons bien qu’il est plus rentable de prendre en charge une hépatite alcoolique précoce que d’attendre le stade de cirrhose hépatique voir de carcinome hépato-cellulaire. Il en est de même vis-à-vis de la prévention : chaque année les accidents du travail, les maladies cardio-vasculaires, les chutes (40% des placements de personnes âgées sont secondaires à des chutes), les accidents de la route, etc, sont responsables de dépenses considérables évitables. Alors qu’aujourd’hui le budget alloué à la prévention est inférieur à 2% de la Consommation de Soins et de Biens Médicaux, il semble qu’une revalorisation de ces crédits permettrait de réaliser des économies sur les dépenses de santé.

 

 

Quelles propositions alternatives ?

 
+ Réorganisation du système de soins :

- agir sur la santé en amont du système de soins :  

       1. centrer le système sur la prévention, par exemple des accidents du travail, maladies cardio-vasculaires, risques de chutes et accidents de la route qui chaque année représentent des dépenses considérables évitables
       2.
agir sur l’environnement, les conditions socio-économiques et les modes de vie sans entraver les libertés individuelles

- augmenter le remboursement de base (aujourd’hui à 91% pour l’hôpital, à 65% le médecin, à 60% les médicaments) voir gratuité des soins pour les plus modestes afin d’obtenir un accès précoce aux soins et limiter l’aggravation du phénomène de renoncement aux soins pour raisons financières (passé de 25% à 15% de la population depuis la CMU de Martine Aubry du 27 juillet 1999) : déjà mise en place dans les pays scandinaves, la gratuité des soins n’a pas été source de dépenses supplémentaires étant donné que les soins apportés à une pathologie débutante sont moindres que ceux nécessités par une pathologie évoluée et compliquée

- instaurer une complémentarité plutôt qu’une rivalité entre médecine de ville / hôpitaux publics passant par une meilleur coordination et le développement des réseaux communs de santé identiques au réseau SIDA
 
 

+ Responsabilisation des acteurs sociaux :


- responsabiliser l’usager dès son plus jeune âge en intégrant l’apprentissage du fonctionnement de système de soins et de la protection sociale en général dans le programme d’enseignement secondaire

- Formation Médicale Continue obligatoire indépendante des laboratoires pharmaceutiques comprenant les Bonnes Pratiques Cliniques de la Haute Autorité de Santé

- emploi / formation de 40 000 infirmières et 9000 médecins par an pour pallier aux aberrations démographiques, avec un tronc commun de 1ère année développant la communication et les sciences humaines, sociales et économiques



+ Limiter la CSBM : (2402 € / habitant / an en 2005)

- instaurer une politique du médicament :
        1.
contrôle public et social sur les industries pharmaceutiques
        2.
promotion des génériques

- rétribution des médecins généralistes et spécialistes libéraux au forfait par pathologie et non à l’acte

- revalorisation des honoraires des spécialités mal payées (pédiatrie) et dévaluation des spécialités favorisées (radiologie) dont l’écart de rémunération est injustifiée, avec une enveloppe globale moindre

- substituer le médecin par un technicien supérieur de santé quand c’est possible

- traquer et éviter la récidive des abus des assurés

 
+ Remettre en place une démocratie sanitaire et sociale :

- lutter contre la privatisation et les inégalités sociales pour un accès démocratique aux soins

- réhabilitation des élections des administrateurs des caisses d’assurance maladie

- droits nouveaux pour les salariés et les malades au niveau de la gouvernance des caisses

 

Avec quel financement ?

 
- revalorisation progressive des salaires à commencer par les plus modestes qui aura pour effet direct d’augmenter les recettes par cotisation et comme effet indirect d’augmenter les recettes par les taxes en favorisant le pouvoir d’achat

- mettre en place des cotisations sur les 80 milliards d’€ de profits des entreprises françaises qui échappent chaque année aux cotisations sociales de solidarité nationale

- suppression progressive des exonérations patronales réalisant un manque à gagner pour la sécurité sociale de 23 milliards d’€ par an, soit plus de 2 fois le déficit, initialement instaurées pour favoriser la création d’emploi et qui n’a empiriquement jamais montré son efficacité depuis 1983

- réaffectation des taxes sur le tabac et les alcools (15 milliards d’€) au budget de santé national

 

Par Olivier GUILLARD
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Mercredi 4 juillet 2007 3 04 /07 /Juil /2007 11:23

HAUT COMITE MEDICAL DE LA SECURITE SOCIALE


L’article D-322-1 du code de la sécurité sociale précise la liste de ces affections “ comportant un traitement prolongé et une thérapeutique particulièrement coûteuse susceptibles d’ouvrir droit à la suppression de la participation des assurés sociaux aux tarifs servant de base aux calculs des prestations en nature de l’assurance maladie ”.

Cette liste est établie après avis du HCMSS.

En regard de cette liste, le HCMSS élabore des Recommandations à l’intention des médecins traitants et des médecins conseils des services de l’assurance maladie dans le but de donner des indications précises sur les conditions d’exonération.

Liste des Affections Longues Durées :

1 - Accident vasculaire cérébral invalidant ;
2 - Insuffisances médullaires et autres cytopénies chroniques ;
3 - Artériopathies chroniques avec manifestations ischémiques ;
4 - Bilharziose compliquée ;

5 - Insuffisance cardiaque grave, troubles du rythme graves, cardiopathies valvulaires graves ; cardiopathies congénitales graves ;
6 - Maladies chroniques actives du foie et cirrhoses ;
7 - Déficit immunitaire primitif grave nécessitant un traitement prolongé, infection par le virus de l'immuno-déficience humaine ;
8 - Diabète de type 1 et diabète de type 2 ;
9 - Forme grave des affections neurologiques et musculaires (dont myopathie), épilepsie grave ;
10 - Hémoglobinopathies, hémolyses, chroniques constitutionnelles et acquises sévères ;
11 - Hémophilies et affections constitutionnelles de l'hémostase graves ;
12 - Hypertension artérielle sévère ;
13 - Maladie coronaire ;
14 - Insuffisance respiratoire chronique grave ;
15 - Lèpre ;
16 - Maladie de Parkinson ;
17 - Maladies métaboliques héréditaires nécessitant un traitement prolongé spécialisé ;
18 - Mucoviscidose ;
19 - Néphropathie chronique grave et syndrome néphrotique primitif ;
20 - Paraplégie ;
21 - Périartérite noueuse, lupus érythémateux aigu disséminé, sclérodermie généralisée évolutive ;
22 - Polyarthrite rhumatoïde évolutive grave ;
23 - Psychose, trouble grave de la personnalité, arriération mentale ;

24 - Rectocolite hémorragique et maladie de Crohn évolutives ;
25 - Sclérose en plaques ;
26 - Scoliose structurale évolutive (dont l'angle est égal ou supérieur à 25 degrés) jusqu'à maturation rachidienne ;
27 - Spondylarthrite ankylosante grave ;
28 - Suites de transplantation d'organe ;
29 - Tuberculose active ;
30 - Tumeur maligne, affection maligne du tissu lymphatique ou hématopoïétique.


 



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Dimanche 1 juillet 2007 7 01 /07 /Juil /2007 01:29



La PS est un mécanisme de prévoyance collective permettant de prévoir la couverture de charges pesant sur l’individu lorsqu’il est atteint par des situations qui augmentent les besoins ou diminuent les ressources. Elle représente 10% du Produit Intérieur Brut, soit le triple du Produit National Brut. La santé à elle seule est responsable de 10% des emplois de la population active, dont 1,2 millions dans le secteur hospitalier public.

 

Elle est divisée en 4 branches :


- le risque vieillesse et survie : assure le remplacement des travailleurs âgés et organise leur retrait de l’activité professionnelle pour laisser la place aux jeunes actifs tout en leur permettant un niveau de vie suffisant

- le risque santé : garantie l’accès aux soins, une couverture des dépenses de soins face à la maladie ou l’accident et un revenu de remplacement lors de l’interruption temporaire de travail

- le risque famille et logement : il comporte 3 objectifs :
       1. démographique : atteindre un taux de fécondité > 2,1 enfants par femme afin d’assurer le renouvellement de la population active
       2. économique : augmenter le pool de main d’œuvre disponible
       3. maintien de la cohésion sociale : redistribution vers les familles les plus modestes

- le risque chômage et la lutte contre l’exclusion sociale

 

La répartition des dépenses entre les 4 branches est la suivante :

 

  PS1-copie-1.JPG

 

 

La répartition des dépenses au sein de chaque branche est la suivante :

 

Risque vieillesse et survie :

% de la dépense de la branche

    Risque vieillesse :

84%

          retraite de base

58%

          retraite complémentaire

21%

          minimum vieillesse

1%

          Allocation Personnalisée d’Autonomie

4%

    Survie : pension de réversion

15%

 

Risque santé :

% de la dépense de la branche

    maladie

84%

    invalidité

11%

    AT / MP

5%

 

Risque famille :

% de la dépense de la branche

    maternité

10%

    famille (CAF)

67%

    logement (APL, ALS)

23%

 

Risque chômage et exclusion sociale :

% de la dépense de la branche

 

    indemnisation chômage

78%

 

    formation continue, aide à l’insertion et la ré-insertion

6%

 

    Revenu Minimum d’Insertion

16%

 

 


Financement de la protection sociale :  500, 593 milliards d’euro

- cotisations des employeurs et des salariés : 67%

- impôts et taxes : 17%
       1. Contribution Sociale Généralisée
       2. Contribution au Remboursement de la Dette Sociale

- contributions publiques : 12,6% (subventions venant de l’état et des collectivités territoriales)

- produits financiers : 4%

- autres…

PS2-copie-1.JPG

Sources : Comptes de la protection sociale, Drees, 2005
 

 
Par Olivier GUILLARD
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